Olivier Sarrouy

Grade :  
Maître de conférences
Fonctions et responsabilités :

Responsable de la Licence 1 Communication de l'Université Rennes 2

Coordonnées :

Université de Rennes 2 - Campus Villejean

UFR Arts, Lettres, Communication - Bureau B323

Place du recteur Henri Le Moal 

CS 24307 - 35043 Rennes Cedex

CV :

2015 - 
Maître de Conférences | Université Rennes 2 | Département Communication

2014 - 2015
Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche | Université Rennes 2 | Département Communication

2010 - 2014 
Doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication | Université Rennes 2 | Laboratoire PREFics
Allocataire - Moniteur de l’Enseignement Supérieur

2008 - 2009
Master en Sciences de l’Information et de la Communication | Université Rennes 2

2008 - 2009
Doctorat en Informatique | CentraleSupélec

2007 - 2008
Master en Informatique | Université Rennes 1

2005 - 2008
Diplôme d’Ingénieur - Option Informatique, Systèmes et Réseaux | CentraleSupélec

2003 - 2005
Classes Préparatoires aux Grandes Écoles | Parcours MPSI - PSI*

Activités de recherche :

 

Thèmes de recherche

Mes recherches visent à analyser les recompositions économiques, organisationnelles, sociales et politiques qu’exerce aujourd’hui l’hégémonie du web. Les technologies numériques constituent ainsi le lieu d'où penser, dans mes travaux, les mutations du monde contemporain. J’ai ainsi orienté ma recherche doctorale vers une analyse des dispositifs de crowdsourcing. La notion de crowdsourcing désigne l'appropriation des mécanismes collaboratifs du web 2.0 par des secteurs d'activité originellement étrangers à son influence : design de vêtements, conception de biens durables, ingénierie de véhicules, challenges sociaux, etc. Je me suis alors efforcé d’examiner, dans cette thèse, la spécificité des régimes organisationnels, communicationnels et psycho-sociaux propres à ces logiques de foules.

Cette réflexion s’est articulée autour de cinq axes d’analyse distincts. a. Un axe économique d’abord, visant à re-situer l’actuelle hégémonie de ces dispositifs au plus près des dynamiques de long terme du capital : passage d'un capitalisme industriel à un capitalisme cognitif, avènement d'une économie de la connaissance, etc. b. Un axe organisationnel ensuite, visant à analyser la spécificité des mécanismes de coordination mis en œuvre par ces dispositifs. J'ai ainsi montré comment ceux-ci contournaient les difficultés de la planification - recrutement des agents, management, etc. - en confiant le succès de leurs projets à la loi des grands nombres. c. Un axe technique encore, analysant les procédés équipant la coordination de ces collectifs fluides, multiples et très hétérogènes. Je me suis alors efforcé de ré-inscrire l'analyse de ces dispositifs au plus près d'une réflexion sur les formes de coordination industrielles de l'action. d. Un axe communicationnel ensuite, analysant les agencements d’énonciation ainsi articulés par ces procédés techniques et impersonnels de coordination. e. Un axe psycho-social enfin, visant à examiner les processus de (dé)subjectivation individuelle et collective auxquels ces agencements exposent leurs utilisateurs.

L’analyse de ces foules m’a ainsi permis d’instruire une réflexion sur les formes d'organisation et de socialisation contemporaines et de ré-actualiser diverses questions empruntées à la phénoménologie, à l’anthropologie urbaine et à l’archéologie des médias. Je me suis ainsi efforcé de re-conceptualiser l'horizon politique et social porté par ces dispositifs : en renonçant aux formes d'organisation instituées, ceux-ci suscitent en effet la constitution de communautés d'expérience et d'action sans aucune unité - sans identité commune, sans routine propre, sans destin partagé, etc. C'est ainsi vers la possibilité de penser une communauté politique invalidant l'hypothèse théorique et institutionnelle de l’unité du corps social ou politique que je consacre aujourd'hui l'essentiel de mes réflexions. Ce travail s'appuie sur diverses recherches empiriques : mutations du web, évolution des formes d'organisation pair-à-pair (web, Fablabs, etc.), mutation des relations amoureuses sous l'effet des technologies numériques, expression en ligne du soi (selfie, réseaux sociaux, expression de la souffrance), etc.

Mots-clés : internet studies ; web studies ; media studies ; communication studies ; organizational studies ; capitalisme cognitif ; théorie critique ; modernité ; foule ; anonymat ; gouvernementalité ;

 

Projets de recherche

Je suis directeur du projet CROWD financé par la MSHB. Ce projet regroupe plusieurs chercheurs internationaux issus de disciplines et d'institutions diverses :

- Nicolas Thély, Professeur des Universités en Art, Esthétique et Humanités Numériques, Université Rennes 2

- Dominique Cardon, Sociologue au Laboratoire des usages d'Orange Labs

- Erik Bordeleau, Chercheur en Philosophie au SenseLab de Montréal

- Frédéric Neyrat, Professeur Assistant de Philosophie et Littérature Comparée à l’Université UW-Madison

- Antoinette Rouvroy Chercheuse qualifiée en Sciences Juridiques au FNRS / Université de Namur

Ce projet de recherche a pour objet les collectifs très dispersés, fluides et hétérogènes que coordonnent certains des dispositifs du web : Yelp, TripAdvisor, Flickr, mais aussi Quirky ou LocalMotors, etc. Ces dispositifs ont en effet introduit la possibilité (nouvelle) de coordonner des actions de masse sans recours à aucune organisation centralisatrice traditionnelle. Coordonner une action ne signifie plus sur le web : établir un plan d'action, identifier des acteurs et leur assigner à chacun une fonction. Mais : livrer la destinée de cette action et de son commun aux hasards d'une multiplicité de micro-contributions spontanées et non-concertées. L’extension de ce paradigme a évidemment entrainé de profondes mutations : a. sur les modes de gouvernance des masses, dont la prévisibilité et l’orientation reposent moins sur la normalisation contrainte de conduites individuelles que sur la régulation statistique de grandes foules hétérogènes et désordonnées de contributeurs ; b. sur les modalités de l’être-ensemble dont le principe est moins à chercher dans l’idéal normatif d’un espace public conçu comme lieu de confrontation intersubjectif des opinions que dans la multiplicité des rencontres fugitives, fragmentaires et latérales que suscitent ces contributions ; c. sur les formes de représentation des masses, que ces dispositifs donnent moins à percevoir comme de grands ensembles homogènes et totalisants, que comme des agrégats pluriels et hétérogènes préservant l’individualité de chacun. La finalité de ce projet est ainsi d’examiner les trois aspects de cette mutation, tout à la fois dans leurs spécificités et dans leur articulation.

J'ai également été co-responsable du séminaire METICS, organisé par le laboratoire PREFics, sur les nouveaux modes - notamment numériques - d’expression de la souffrance sociale.

J’ai par ailleurs été co-porteur - avec Catherine Loneux et Marcela Patrascu - du projet ECOMEDIA (Écologie des pratiques médiatiques) organisé en partenariat avec le laboratoire PREFics, la plate-forme pluridisciplinaire LOUSTIC, et Orange Labs. Ce projet visait à analyser l’écologie des usages des dispositifs numériques mobiles et à examiner le recouvrement des espaces-temps du travail et du hors-travail que ces usages suscitent. Il s’est ainsi agi d’y éprouver empiriquement la redéfinition des rapports travail mort / travail vivant conceptualisée par les théoriciens du capitalisme cognitif.

J’ai aussi été co-encadrant - avec Romain Huët - du séminaire « L’expérimentation de la contestation sociale » organisé par le laboratoire PREFics. Ce séminaire, articulé autour de la lecture de textes et de communications d’intervenants extérieurs, visait à analyser la mutation des formes subjectives et organisationnelles de la contestation sociale contemporaine. Ce séminaire faisait suite aux séances de lecture plus informelles que nous avions organisées durant l’année 2012-2013 sur l’épistémologie de la critique.

J’ai enfin participé - avec Romain Huët - à diverses recherches sur l’expression de la souffrance sociale et ses dispositifs d’exposition : association de prévention contre le suicide, réseaux sociaux, etc.

Activités d'enseignement :

 

 

 

 

 

 

Publications :

Articles dans des revues à comité de lecture

Sarrouy, O. (2017, en cours de traduction). Governing crowds. Crowds as the political object / subject of web governmentality. Theory, Culture & Society.

Sarrouy, O. (2017, en évaluation). Les plateformes numériques comme dispositifs (industriels) d’investissement de forme. Communication.

Rouxel, A., Sarrouy, O. et Huët (2017, à paraître). Epuiser sa présence : rapports amoureux et téléphonie mobile. tic&société, 10(2).

Sarrouy, O. et Huët, R. (2015). Le fleuve et ses berges. La sociologie des controverses ou la négation de l’existence. Hermès, 73(3), 101-112. url: http://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2015-3-page-101.htm.

Huët R. et Sarrouy, O. (2015). Humiliés et offensés : une critique de l’ordinaire du travail. Savoirs et clinique, 2(19) , 120-129. url: www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2015-2-page-120.htm.

Loneux, C., Patrascu, M. et Sarrouy, O. (2013). Enjeux, apports et limites d'un dispositif expérimental audiovisuel : le cas des lunettes caméras.  ESSACHESS - Journal for Communication Studies, 6(11), 125-136. url: http://www.essachess.com/index.php/jcs/article/view/197.

Sarrouy, O. (2013). Critique marxienne de l’économique politique et devenir-usine des sociétés capitalistes avancées. Communication, 31(1). doi: 10.4000/communication.3880, url: http://communication.revues.org/index3880.html.

 

Chapitres d’ouvrages collectifs

Sarrouy, O. et Hémont, F. (2016, à paraître). Écritures organisationnelles et médiations numériques : le cas d’une plateforme de crowdsourcing. Dans A. Mayère et S. Parrini-Alemanno (dir.) Processus communicants-processus organisants et leurs médiations. Paris : L’Harmattan.

Sarrouy, O., Patrascu, M. et Loneux, C. (2014). Dispositifs numériques mobiles et restructuration des espaces-temps professionnels. Dans S. Parrini-Alemanno (dir.), Communication organisationnelle, management et numérique (p. 399-406). Paris, France : L’Harmattan.

Sarrouy, O. (2013). Capitalisme cognitif et renouvellement de la critique. Quelles perspectives pour la recherche en communication organisationnelle ? Dans T. Heller, R. Huët et B. Vidaillet (dir.), Communications & organisations : perspectives critiques (p. 57-66). Lille, France : Presses Universitaires du Septentrion.

 

Articles dans des actes de colloques à comité de sélection

Sarrouy, O. (2016, à paraître). Les technologies comme dispositifs d'organisation de l'absence. Analyser les modes de ré-agencement des collectifs dans le contexte de la numérisation généralisée. Dans Penser les techniques et les technologies. Apports des Sciences de l’Information et de la Communication et perspectives de recherches. Toulon, France : Université du Sud Toulon Var.

Sarrouy, O. (2012). Des algorithmes comme actants interactionnels : formes organisationnelles et normes techniques dans le contexte des nouveaux médias. Dans Communiquer dans un monde de normes. L’information et la communication dans les enjeux contemporains de la mondialisation (p. 173-177). Lille, France: Université Lille 3. url: http://hal.univ-lille3.fr/hal-00839242.

Sarrouy, O., Totel, É. et Jouga, B. (2009). Building an Application Data Behavior Model for Intrusion Detection. Dans Proceedings of the 23rd Annual IFIP WG 11.3 Working Conference on Data and Applications Security. Lyon, France.

Sarrouy, O., Totel, É. et Jouga, B. (2009). Application data consistency checking for anomaly based intrusion detection. Dans Proceedings of the 11th International Symposium on Stabilization, Safety, and Security of Distributed Systems. Montréal, Canada.

Sarrouy, O., Totel, É. et Jouga, B. (2009). Un modèle de comportement fondé sur les données pour la détection d’intrusion dans les applications. Dans Actes de la 4ème Conférence sur la Sécurité des Architectures Réseaux et des Systèmes d’Information. Toulouse, France.

 

Communications dans des colloques, journées d’études ou séminaires à l’invitation du comité d’organisation

Sarrouy, O. (2017, juin). La blockchain, ou comment gouverner (par) la prolifération du sauvage. Communication présentée au colloque Quelles communications, quelles organisations à l'ère du numérique. Cerisy-La-Salle, France. url: http://www.ccic-cerisy.asso.fr/communicationsnumeriques17.html.

Sarrouy, O. et Le Moënne, C. (2017, juin). Foucault contre Derrida. Une critique de la compréhension textuelle des organisations. Communication présentée au colloque Quelles communications, quelles organisations à l'ère du numérique. Cerisy-La-Salle, France. url: http://www.ccic-cerisy.asso.fr/communicationsnumeriques17.html.

Sarrouy, O. (2017, avril). Gouverner par les infrastructures. Une relecture de Foucault sur le libéralisme. Communication présentée au colloque Le conflit politique : logiques et pratiques organisé par le CIPh. Paris, France. url: http://www.ciph.org/IMG/pdf/Prog2016-17S2.pdf.

Sarrouy, O. (2016, janvier). Données et décontextualisation. Communication présentée à la matinée d'étude des formations doctorales Les datas : quels changements pour la recherche et les chercheurs ? Rennes, France.

Sarrouy, O. (2014, juin). Numérique et restructuration des espaces-temps professionnels. Communication présentée à la journée d’études Innovations technologiques en contexte professionnel : Continuités et ruptures dans les conceptions et les pratiques. Rennes, France.

Sarrouy, O. et Collomb, C. (2014, juin). Vers une éthique de l’anonymat : les relations numériques comme dissémination subjective. Communication présentée au séminaire W2S – Web 2 Social Sciences. Paris, France.

Sarrouy, O. et Collomb, C. (2014, janvier). Pour une micro-politique industrielle. Les relations numériques comme dissémination machiniquement organisée. Communication présentée au colloque Techniques actuelles : codages et décodages des identités relationnelles. Compiègne, France.

Huët, R. et Sarrouy, O. (2013, mai). Analyse de conversation et expression de la souffrance sociale. Communication présentée au séminaire OURIPO. Montréal, Canada.

 

Communications dans des colloques ou journées d’études à comité de sélection mais sans actes

Sarrouy, O. et Patrascu, M. (2015, juin). La capture managériale de l'hyper­connectivité : de la discipline au management de soi. Communication présentée au colloque Processus communicants-processus organisants et leurs médiations. Toulouse, France.

Sarrouy, O. et Patrascu, M. (2015, avril). Le paradoxe du management de la créativité. De la discipline au management du soi. Communication présentée au colloque De l'injonction à la créativité à sa mise en œuvre. Nantes, France.

Sarrouy, O. et Collomb, C. (2014, reporté). Vers une éthique de l’effacement : les relations numériques comme dissémination de traces. Communication présentée au colloque Relations numériques, rapports numérisés. Médiations technologiques, corps, individus, société. Dijon, France.

Sarrouy, O. (2013, mai). Vers une ethnographie des foules anonymes. Communication présentée aux Journées Doctorales de la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication. Paris, France.

Sarrouy, O. (2013, mai). Pour une ethnographie des organisations virtuelles. Communication présentée au colloque L’ethnographie organisationnelle : pratiques émergentes et contributions tenu dans le cadre du 81ème congrès de l’ACFAS. Québec, Canada.

El Kahlaoui, S., Huët, R. et Sarrouy, O. (2012, octobre). Épistémologie de la souffrance sociale au service d’une critique du travail. Communication présentée au colloque La place des rapports hiérarchiques dans la souffrance au travail. Paris, France.

Sarrouy, O. (2012, octobre). Crowdsourcing : a social information apparatus. Communication présentée au colloque Communication, Crisis and Critique in Contemporary Capitalism tenu dans le cadre du congrès de l’European Sociological Association - Research Network 18. Bilbao, Espagne.

El Kahlaoui, S., Huët, R. et Sarrouy, O. (2012, octobre).  Épistémologie de la souffrance sociale et critique du capitalisme. Communication présentée au colloque Penser l’émancipation tenu dans le cadre du 1er congrès du Réseau Penser l’Émancipation. Lausanne, Suisse.

El Kahlaoui, S., Huët, R. et Sarrouy, O. (2012, mai). Épistémologie de la souffrance sociale au service d’une critique du capitalisme. Communication présentée au colloque Où (en) est la critique en communication ? tenu dans le cadre du 80ème congrès de l’ACFAS. Montréal, Canada.

Sarrouy, O. (2012, mai), Capitalisme cognitif, socialisation de la production et reconfiguration des médiations sociales : le cas des plateformes de crowdsourcing. Communication présentée au 80ème congrès de l’ACFAS. Montréal, Canada.

Sarrouy, O. (2011, décembre). Retour sur l’antifétichisme. Pistes de réflexion pour une approche praxéologique du fétichisme de la marchandise. Communication présentée au colloque Discours et institution(s) : entre changements et permanences tenu dans le cadre de la 4ème journée d’études jeunes chercheur-e-s du PREFics. Rennes, France.

 

Communications dans des ateliers de recherche internes sans comité de sélection ni actes

Sarrouy, O. (2013, mars). L’anonymat comme agencement énonciatif et opérateur politique. Présentation critique de l’essai d’Erik Bordeleau : Foucault Anonymat. Communication présentée au workshop du laboratoire PREFics. Rennes, France.

Sarrouy, O. (2012, décembre). Une action sans sujet ? Organisation et individuation dans les espaces numériques. Communication présentée au workshop du laboratoire PREFics. Rennes, France.

Huët, R. et Sarrouy, O. (2012, octobre). Quels fondements épistémologiques pour une approche communicationnelle critique ? Communication présentée au workshop du laboratoire PREFics. Rennes, France.

Sarrouy, O. (2012, juin). Capitalisme cognitif et recompositions organisationnelles : quels objets pour quelles problématiques ? Communication présentée au workshop du laboratoire PREFics. Rennes, France.

 

Articles dans des publications d’interface

Sarrouy, O. (2017). Scruter les pratiques numériques. Sciences Ouest, (348), 18.

Collomb, C. et Sarrouy, O. (2014). Penser la trace numérique : quels paradigmes, quels possibles ? Social Media Club. url: http://socialmediaclub.fr/2014/05/penser-la-trace-numerique-quels-paradigmes-quels-possibles/.